Les pratiques collaboratives, vecteur de solidarités sur le territoire ?


Alors que les financements publics se réduisent et que les difficultés sociales persistent, la question de la solidarité sur les territoires est d’autant plus cruciale. En favorisant la réutilisation et le partage de biens, de services et de connaissances, les pratiques collaboratives peuvent-elles contribuer à renforcer le mieux vivre ensemble sur les territoires ? Comment favoriser des espaces de vie inclusifs et solidaires ? Dans quelles mesures les pratiques collaboratives peuvent-elles permettre de répondre à des besoins peu ou mal pris en charge par le marché et l’acteur public ? Comment associer initiatives publiques et privées tout en évitant une marchandisation des solidarités ?

Synthèse de l'axe 3 : "Les pratiques collaboratives, vecteur de nouvelles solidarités sur les territoires ?"
"A côté des grandes plateformes de l’économie collaborative, une myriade de pratiques collaboratives se développe depuis quelques années au niveau local. Des espaces de coworking à l’habitat partagé en passant par les ressourceries et les groupements d’achat, ces initiatives s’inscrivent dans différents secteurs d’activité et relèvent de dynamiques entrepreneuriales diverses.
Alors que les financements publics tendent à se raréfier et que les difficultés sociales persistent, ces pratiques peuvent-elles favoriser le développement de nouvelles formes de solidarités ? En quoi peuvent-elles contribuer au mieux vivre ensemble sur les territoire ?
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"Tout un pan de la consommation collaborative affirme des finalités sociales ou environnementales. La consommation collaborative a des liens de parenté forts avec l’économie sociale et solidaire (ESS), bien qu’elles s’opposent parfois et que les acteurs des deux secteurs se connaissent et se parlent finalement encore assez peu."

"Depuis 2007, nous assistons à l’essor de l’économie collaborative. Omniprésente, elle apparaît sous diverses formes telles que la consommation partagée (co-voiturage, couchsurfing, auto-partage), les modes de vie collaboratifs (colocation, coworking) ou le financement participatif (crowdfunding). Ce développement répond aux besoins et problématiques du moment dont l’augmentation du coût de la vie et l’intensification des relations via les réseaux sociaux ou sites spécialisés. Une nouvelle voie d’échanges entre particuliers (peer-to-peer), sans intermédiaire, aux coûts les plus justes apparaît alors.
Arrivée dans le domaine de l’assurance, l’économie collaborative lève le voile sur un domaine dominé par de grands acteurs et aux nombreux intermédiaires.
Même si l’assurance collaborative est encore marginale, elle mérite que l’on s’y intéresse pour l’alternative qu’elle propose et les modèles mis en œuvre.
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"La construction immobilière était un des derniers secteurs où la consommation collaborative n’avait pas encore fait une entrée fracassante. Pourtant, une petite révolution est déjà en cours : l’habitat participatif. Une tendance dont même les pouvoirs publics commencent à s’emparer."

"L’aide, l’entraide entre proches est une source d’inspiration essentielle pour l’économie collaborative. Aujourd’hui les « aidants » (familiaux ou non) forment une population aux besoins bien spécifiques et mal connus, auxquels les projets innovants de l’économie collaborative peuvent sans doute contribuer à répondre. Zoom sur deux initiatives reposant sur l’échange d’expérience entre « aidants » et la mise en relation d’aidants et d’aidés, deux démarches facilitées par les outils numériques."

"Le terme d’empowerment fait partie de ces mots qui font irruption dans notre langue depuis une demi-décennie et se disséminent à grande vitesse. Sans doute peut-on en partie expliquer ce succès par son caractère polysémique, une polysémie qui facilite son appropriation dans des contextes et par des acteurs différents, qui explique la difficulté à le traduire et justifie la longévité du terme anglais. L’analyse sémiologique du terme reste à faire. Je tenterai ici d’identifier quelques repères temporels dans l’émergence de ce concept aux États-Unis en particulier, dans sa trajectoire en France et de lever le voile sur les divergences politiques embarquées dans les usages multiples du terme."

"Enfin, et surtout, ces initiatives ne stigmatisent pas les populations bénéficiaires… pour la simple raison que tout le monde est bénéficiaire et chacun également contributeur : dans le cadre d’un système de covoiturage, tous les utilisateurs sont bénéficiaires – les covoitureurs comme les covoiturés – et cela ne tient pas seulement au fait qu'il y a un échange monétaire. L'échange peut être gratuit : le couchsurfeur n'est pas redevable directement vis-à-vis de son hôte, puisqu’il fait partie d'une communauté internationale d'entraide dont tout les membres bénéficient à tour de rôle ou dans un seul sens si tel est leur souhait. En somme, tout le monde profite car tout le monde contribue."

"Où sont passées les protections sociales et les institutions qui les défendent ? Dans un monde « sans alternative », les protections sociales semblent partout reculer, comme l’illustre la lutte contre la loi travail. « Qu’est-il arrivé aux solidarités traditionnelles ? », interrogeait Arthur de Grave, rédacteur en chef de Ouishare Magazine, lors d’une session du Ouishare Festival, qui se tenait mi-mai 2016 au Cabaret Sauvage à Paris."

"Une dizaine de coopératives de production se sont engagées dans la construction commune de Bigre!, une « mutuelle de travail associé » qui rassemble déjà plusieurs milliers de membres. Son objectif ? Revisiter la notion de mutualité afin d’inventer une organisation économique collective, source de droits et de solidarités sociales, qui permette à chacune et à chacun de ses membres de bien vivre de son métier."

Exemples

  • [VIDEO] "La co-location intergénérationnelle", On passe à l'acte | En ligne,
« Simone (81 ans) et Medhi (30 ans) : On fait de la colocation senior/étudiant.. une belle rencontre entre générations ! »

"Face à l’afflux des réfugiés en France, l’association Singa lance l’initiative CALM (Comme Á La Maison). Cette plateforme, qui associe numérique, principes du couchsurfing et de la solidarité, permet la mise en relation des réfugiés à la recherche d’un logement et des particuliers prêts à les héberger pendant plusieurs mois."

"Dans le cas de Wheeliz, les avantages du collaboratif permettent de rendre la mobilité accessible à tous en offrant un service moins cher qu’une agence de location classique. (...) Grâce à cette plateforme, Wheeliz entretient une proximité avec ses utilisateurs puisqu’elle recense des véhicules en location sur l’ensemble du territoire et permet ainsi à chacun de trouver un véhicule proche de chez lui, que ce soit en milieu urbain ou rural. Petit à petit, c’est donc une véritable communauté solidaire qui s’est formée autour de ce concept novateur et collaboratif."