Cinq axes thématiques


Nous explorons collectivement cinq axes thématiques afin d’identifier les enjeux territoriaux soulevés par le développement des pratiques collaboratives, mais aussi les opportunités d’action, les risques et les bonnes pratiques à relever.

De l’individu au collectif, devenir contributeurs ?
Covoiturage, revente et achat de biens d’occasion, dons, partage d’information et de connaissances : les pratiques collaboratives se développent depuis quelques années ; de nouveaux usages apparaissent, d’autres se démocratisent, esquissant pour certains une société plus contributive. Mais pour quelles raisons une personne décide-t-elle d’échanger, de partager quelque chose ? Pourquoi d’autres ne le font pas ? Comment alors diffuser cette culture du partage et rendre accessible ces usages à l’ensemble des acteurs d’un territoire ? Plus largement, ces pratiques collaboratives sont-elles seulement une évolution des formes de consommation ou esquissent-elles de nouvelles formes d’implication, renforçant ainsi les capacités d’agir individuelles et collectives ?


Quelle place pour l’acteur public local dans une société collaborative ?
Basées sur des échanges entre pairs (individus, organisations) au sein d’une communauté, les pratiques collaboratives bouleversent progressivement nos façons d’accéder à l’information, de consommer, de produire, de travailler et finalement, de vivre sur les territoires. Facilitée par le partage d’information, l’expertise citoyenne se renouvelle, les formes d’implication aussi. De nouveaux services et des pratiques émergent, sans que les collectivités puissent toujours les repérer ou même les accompagner. Face aux dynamiques horizontales et distribuées qui se développent, l’acteur public est peu outillé, plus habitué au système centralisé et hiérarchique qui caractérise son fonctionnement interne. Ne peut-on pas imaginer un service public local collaboratif, qui permette à la collectivité d’innover dans son organisation interne et dans sa façon de concevoir des politiques ? Plus largement, alors que la désaffection des citoyens pour la chose publique s’accentue, les pratiques collaboratives peuvent-elles permettre de renouveler les mécanismes de la démocratie locale en repensant les relations entre acteur public et société civile (citoyens, organisations) ?


Les pratiques collaboratives, vecteur de solidarités sur le territoire ?
Alors que les financements publics se réduisent et que les difficultés sociales persistent, la question de la solidarité sur les territoires est d’autant plus cruciale. En favorisant la réutilisation et le partage de biens, de services et de connaissances, les pratiques collaboratives peuvent-elles contribuer à renforcer le mieux vivre ensemble sur les territoires ? Comment favoriser des espaces de vie inclusifs et solidaires ? Dans quelles mesures les pratiques collaboratives peuvent-elles permettre de répondre à des besoins peu ou mal pris en charge par le marché et l’acteur public ? Comment associer initiatives publiques et privées tout en évitant une marchandisation des solidarités ?


Le territoire, espace de co-production ?
Alors que la mondialisation de l’économie est souvent synonyme de délocalisation et donc de suppression des emplois sur les territoires, des alternatives de co-productions locales se développent tout azimut depuis quelques années : Circuits-courts alimentaires, coopératives d’énergie citoyenne, ou encore réseaux d’échanges de savoirs et initiatives de valorisation du patrimoine matériel et immatériel. En parallèle, l’essor du numérique et des plate-forme d’intermédiation favorise le développement de services collaboratifs (comme le covoiturage la revente d’objets entre particuliers par exemple) - dans lesquels les usagers sont tantôt demandeur, tantôt offreur.
Ces pratiques collaboratives permettent de co-produire un service, un bien ou des savoirs, entre acteurs d’un même territoire. Mais comment faciliter leur passage à l’échelle tout en gardant une cohérence avec les activités existantes, sans les affecter ? Et comment imaginer une répartition des richesses créées qui soient favorables au territoire et à ses citoyens ? Plus globalement, dans quelles mesures les pratiques collaboratives peuvent-elles permettre aux territoires de tirer profit des évolutions des formes du travail sous toutes ces formes, de l’emploi salarié au bénévolat ?


Vers un usage partagé des ressources territoriales ?
A l’heure de la raréfaction des ressources, de la surabondance des données, des enjeux environnementaux criants, comment les pratiques collaboratives peuvent-elles aider les territoires à tendre vers une meilleure optimisation de leurs ressources - matérielles et immatérielles ? Bricothèque, ateliers et jardins partagés, recyclerie et up cycling, flotte de véhicules partagés, espace de coworking ; toutes ces pratiques conduisent à repenser la manière de fabriquer et d’habiter son territoire, avec plus de services et moins d’infrastructures. En ce sens les pratiques collaboratives peuvent permettre de réduire les actifs dormants, de valoriser les déchets et plus largement, de réduire le gaspillage des ressources. Mais comment imaginer des biens et des espaces plus facilement partageables ? Comment fluidifier les formes de partages, notamment entre organisations publiques et privés ? Plus concrètement, comment organiser les autorisations d’accès, les responsabilités assurantielles et personnelles ?